Une fois n’est pas coutume, le blog va servir à vous présenter Camille, une semaine avant son départ ! Parce qu’elle a marqué de sa présence les rayonnages de la librairie, parce qu’il n’est jamais trop tard pour « bien faire », et parce qu’elle va beaucoup nous (et vous) manquer …

Récemment diplômée de l’IFAPME spécialisation Libraire- chef d’entreprise, la brillante Camille Fleury (ça y est vous avez saisi la finesse du titre de ce post…) décide de retourner à ses premières amours : le plaisir de ne pas savoir de quoi demain sera fait et le vagabondage! On partirait bien avec elle, partageant avec elle le goût d’une farouche indépendance, mais en attendant, nous décidons de lui poser quelques questions sur ses coups de cœur de libraire et ce qu’elle retient de ses deux années en librairie.

Nous : Camille, tu as vu déferler sur nos tables de nombreux romans. Dans les nouveautés paru depuis deux ans, lesquelles t’ont particulièrement marquée ?

Camille : En premier, je voudrais parler d’« Escal-Vigor » de Georges Eekhoud paru chez Tusitala en janvier 2017. C’est l’histoire d’un jeune bourgeois qui hérite d’un château à la fin du 19ème siècle. Il part y vivre accompagné de son amante et choque les prudes habitants locaux en menant une vie libérée du regard des autres. La fille du plus riche fermier fait tout pour le séduire pour profiter de son statut mais lui s’intéresse plutôt à son jeune frère… Un récit choc qui fait écho à notre actualité.

En littérature jeunesse, « Normal(e)» de Lisa Williamson paru en mars 2017 chez Hachette : David, jeune ado, n’a qu’un seul rêve : devenir une fille ! Pas facile ! Un ado très attachant mis face aux moqueries et à la dure réalité de la transsexualité. Mais attention, ça n’est pas un livre déprimant, il apprendra à se connaitre et à devenir la personne qu’il est réellement.

En bande-dessinée, « Les sentiments du Prince Charles » chez Rackham m’a vraiment marqué. Je l’ai déjà offert 3 fois ! Une BD féministe qui porte un autre regard sur le couple et l’amour, d’hier à aujourd’hui. Liv Strömquist dessine des scènes de la vie quotidienne avec beaucoup d’humour. Elle amène à se remettre en question, autant les hommes que les femmes !

Nous : Et pour tes vacances, quel est le livre qui t’accompagnera ?

Camille : C’est pas hyper sexy si je dis « Lourdes » de Zola, mais c’est la vérité !

Nous : Un choix surprenant en effet ! En même temps, ça doit faire du bien de s’émanciper de la sacro-sainte rentrée littéraire ! C’est vraiment des vacances quoi ! Mais quand-même pourquoi ce titre en particulier ?

Camille : Je l’ai acheté un weekend aux bouquinistes des bords de Seine… C’est un des titres qui fait partie de la trilogie « Les Trois Villes » que Zola a écrite à la fin de sa vie. C’est un pavé mais je suis déjà prise.

Nous : Est-ce que ton rapport à la lecture est différent après tes deux ans passés en librairie ?

Camille : Ouais ! Je me rends compte que c’est bien pratique d’avoir un super libraire parce qu’ il te montre déjà ce qui est bien, ça t’évite de lire des choses trop mauvaises. (NDLR : ceci n’a pas été soufflé par l’équipe restante et Camille l’a dit en toute indépendance !). Parce que par exemple, quand on se penche sur la rentrée littéraire eh bien, on voit beaucoup de choses inintéressantes…

Merci beaucoup Camille pour cet entretien et tout le reste, profite bien de ce bel été et reviens nous voir de temps en temps!

En ps Camille souhaite partager avec vous la liste des livres qui lui ont été offerts par la librairie, qui forment une petite bibliothèque idéale : Trop n’est pas assez de Ulli Lust aux Editions çà et là (par Claire), Les Kids de Joe Matt au Seuil (par Eric), L’Usage du monde de Nicolas Bouvier à La Découverte (par Olivier), Les tribulations de Maqroll le Gabier d’Álvaro Mutis chez Grasset (par Philippe), Ni Dieu, ni maître de Daniel Guérin à La Découverte (par Julien) et Les chants de Maldoror du Comte de Lautréamont chez Gallimard (Par Jérôme).

 

 

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